Pourquoi vous avez raison de douter
Vous avez payé quelqu'un pour créer votre site web. Il vous l'a livré. Vous avez regardé le résultat et vous avez dit "OK, merci". Mais au fond de vous, un doute persiste. Quelque chose ne vous convient pas, sans que vous arriviez à mettre le doigt dessus. Peut-être que le site vous semble un peu lent. Peut-être qu'il ne ressemble pas à ce que vous aviez en tête. Peut-être que depuis qu'il est en ligne, personne ne vous a contacté à travers lui.
Ce doute est légitime. Et il est même sain. La plupart des propriétaires de petits commerces ne sont pas des experts en web. C'est normal : votre métier, c'est la boulangerie, la plomberie, la coiffure, la comptabilité. Pas le développement web. Le problème, c'est que cette absence de connaissance technique vous met dans une position vulnérable. Vous ne pouvez pas évaluer objectivement ce qu'on vous a livré. C'est comme si un garagiste vous disait "votre voiture est réparée" et que vous n'aviez aucun moyen de vérifier.
Ce guide est là pour vous donner ces moyens. Vous pouvez aussi utiliser notre outil de diagnostic gratuit pour une évaluation rapide. Pas besoin de savoir coder. Pas besoin d'outils compliqués. Juste 10 critères concrets que n'importe qui peut vérifier en quelques minutes.
Les 10 critères pour évaluer votre site
1. La vitesse de chargement
Votre site doit s'afficher en moins de 3 secondes. Pas 5, pas 10. Trois. Au-delà, la majorité des visiteurs quittent la page sans même voir votre contenu. Ils retournent sur Google et cliquent sur le résultat suivant, celui de votre concurrent.
Pour tester, allez sur PageSpeed Insights de Google (c'est gratuit) et entrez l'adresse de votre site. Vous obtiendrez un score sur 100 pour mobile et pour ordinateur. En dessous de 50 sur mobile, c'est problématique. Au-dessus de 70, c'est correct. Au-dessus de 90, c'est excellent. Concentrez-vous sur le score mobile, car c'est celui qui compte le plus.
2. L'affichage sur téléphone
Sortez votre téléphone. Ouvrez votre site. Regardez-le honnêtement. Est-ce que le texte est lisible sans zoomer ? Est-ce que les boutons sont assez grands pour être cliqués avec un pouce ? Est-ce que les images ne débordent pas de l'écran ? Est-ce que le menu fonctionne correctement ?
Plus de 70 % des visites sur les sites de commerces locaux viennent du téléphone. Si votre site est pénible à utiliser sur mobile, vous perdez la majorité de vos visiteurs potentiels. Un site qui s'affiche bien sur ordinateur mais mal sur téléphone, en 2026, c'est un site mal fait. Point.
3. La visibilité sur Google
Ouvrez Google et tapez le nom de votre commerce. Votre site apparaît-il dans les premiers résultats ? Si vous tapez le nom exact de votre entreprise et que votre site n'apparaît pas, c'est un problème grave. Maintenant, tapez ce que vos clients chercheraient : "boulangerie Ixelles", "plombier Schaerbeek", "coiffeur Saint-Gilles". Votre site apparaît-il ? Si après plusieurs mois en ligne votre site est invisible sur Google, le travail de référencement n'a pas été fait.
4. Le cadenas HTTPS
Regardez la barre d'adresse de votre navigateur quand vous êtes sur votre site. Il doit y avoir un petit cadenas à gauche de l'adresse. Cela signifie que la connexion est sécurisée (HTTPS). Si vous voyez "Non sécurisé" à la place, c'est inacceptable en 2026. Non seulement cela fait fuir les visiteurs, mais Google pénalise activement les sites sans HTTPS dans ses résultats. Un certificat SSL est gratuit avec la plupart des hébergeurs. Il n'y a aucune excuse pour ne pas l'avoir.
5. Les informations essentielles visibles en 5 secondes
Demandez à quelqu'un qui ne connaît pas votre commerce d'ouvrir votre site. Après 5 secondes, cette personne doit pouvoir répondre à trois questions : qu'est-ce que vous faites, où êtes-vous, et comment vous contacter. Si l'une de ces réponses n'est pas évidente en 5 secondes, le site rate sa mission fondamentale. Un site web de commerce local n'est pas une oeuvre d'art. C'est un outil pour convertir des visiteurs en clients. Et pour ça, la clarté passe avant tout.
6. Des photos réelles
Votre site utilise-t-il vos vraies photos ou des images génériques trouvées sur Internet ? Les visiteurs font la différence instantanément. Une photo de votre vrai local, de votre vraie équipe, de vos vrais produits inspire confiance. Une photo stock d'une personne souriante en costume que tout le monde a déjà vue sur 50 autres sites, ça inspire la méfiance. C'est d'ailleurs l'un des signes classiques d'un site qui fait amateur.
Si votre prestataire a utilisé uniquement des photos stock, il a fait le minimum. Des photos professionnelles de votre activité coûtent entre 200 et 500 euros et changent complètement la perception de votre site.
7. Des liens qui fonctionnent
Cliquez sur chaque lien de votre site. Chaque bouton, chaque lien du menu, chaque lien dans le texte. Est-ce qu'ils mènent tous quelque part ? Est-ce qu'aucun n'affiche une page d'erreur ? Un lien cassé, c'est comme une porte qui ne s'ouvre pas dans un magasin. Ça donne l'impression d'un commerce à l'abandon. Google aussi détecte les liens cassés et ça nuit à votre référencement.
8. Pas de fautes d'orthographe
Relisez attentivement chaque page de votre site. Les fautes d'orthographe et de grammaire détruisent la crédibilité. Un site pour un professionnel qui contient des fautes, c'est comme un restaurant avec un menu plein de coquilles. Ça ne donne pas confiance. Si votre prestataire a rédigé les textes et qu'ils contiennent des fautes, c'est un manque de professionnalisme.
9. Un outil d'analyse installé
Avez-vous accès à Google Analytics ou à un outil similaire pour votre site ? Pouvez-vous voir combien de personnes visitent votre site, d'où elles viennent, et quelles pages elles consultent ? Si aucun outil d'analyse n'est installé, vous naviguez à l'aveugle. C'est comme tenir un commerce sans jamais compter vos clients. Un bon prestataire installe systématiquement un outil d'analyse et vous montre comment le consulter.
10. Le formulaire de contact fonctionne
Remplissez votre propre formulaire de contact. Envoyez-vous un message test. Est-ce que vous le recevez ? Dans votre boîte principale, pas dans les spams ? Est-ce que le formulaire envoie une confirmation à la personne qui écrit ? Vous seriez surpris du nombre de sites dont le formulaire de contact ne fonctionne tout simplement pas. Chaque formulaire cassé, ce sont des clients potentiels qui essaient de vous joindre et qui n'y arrivent pas.
Le test en 2 minutes
Vous n'avez pas le temps de vérifier les 10 critères en détail ? Voici un test rapide qui vous donnera une bonne idée de la qualité de votre site en 2 minutes.
- Étape 1 : Ouvrez votre site sur votre téléphone. Est-ce que tout s'affiche correctement ? Est-ce que c'est agréable à utiliser ? Si vous devez zoomer ou scroller horizontalement, c'est un échec.
- Étape 2 : Ouvrez Google et tapez le nom exact de votre commerce. Votre site apparaît-il en première page ? Si non, il y a un problème de référencement de base.
- Étape 3 : Allez sur pagespeed.web.dev et entrez l'adresse de votre site. Regardez le score mobile. En dessous de 50, c'est mauvais.
- Étape 4 : Remplissez votre formulaire de contact avec un message test. Vérifiez que vous recevez bien le message.
Si votre site passe ces quatre étapes, les bases sont là. S'il échoue à une ou plusieurs, il y a du travail à faire.
Les signaux d'alerte
Certains problèmes sont des signaux d'alarme clairs. Si vous identifiez l'un de ces éléments sur votre site, ce n'est pas juste un détail à corriger. C'est le signe d'un travail bâclé ou incomplet.
- Pas de HTTPS (pas de cadenas) : c'est la base absolue depuis des années. Si votre prestataire n'a même pas activé le SSL, qu'a-t-il fait d'autre correctement ?
- Images qui mettent plus de 5 secondes à charger : les images n'ont pas été optimisées. C'est une étape de base que tout développeur compétent fait automatiquement.
- Le site est inutilisable sur téléphone : le responsive design n'est pas un extra, c'est un prérequis fondamental depuis 2015.
- Aucun outil d'analyse installé : sans analytics, impossible de mesurer quoi que ce soit. C'est comme construire un commerce sans compteur de visiteurs.
- Photos 100 % stock : si votre site ne contient aucune photo réelle de vous, votre local ou vos produits, il ne vous représente pas.
- Le site n'apparaît pas sur Google après 3 mois : même un SEO de base devrait vous rendre trouvable par votre nom de commerce. Si ce n'est pas le cas, le travail n'a pas été fait.
- Du texte placeholder visible : "Lorem ipsum" ou "Votre texte ici" encore visible sur une page. Oui, ça arrive plus souvent qu'on ne le croit.
Ce que votre prestataire aurait dû faire
Un prestataire web compétent ne se contente pas de mettre un site en ligne et de vous envoyer la facture. Voici ce qu'un travail professionnel inclut, même pour un petit budget.
Avant la mise en ligne :
- Tester le site sur mobile, tablette et ordinateur
- Optimiser toutes les images pour qu'elles chargent rapidement
- Installer le certificat SSL (HTTPS)
- Vérifier que tous les liens et formulaires fonctionnent
- Relire et corriger tous les textes
- Configurer les balises SEO de base (titres, descriptions, structure)
À la livraison :
- Installer Google Analytics (ou équivalent) et vous donner l'accès
- Soumettre le site à Google Search Console pour accélérer l'indexation
- Vous former sur les modifications basiques que vous pouvez faire vous-même
- Vous transmettre tous les accès : hébergement, nom de domaine, emails, analytics
- Vous donner un récapitulatif de ce qui a été fait et de ce qu'il reste à faire
Concernant la propriété :
- Le nom de domaine est enregistré à votre nom
- Vous avez les identifiants de l'hébergement
- Le code source vous appartient
- Vous pouvez migrer votre site chez un autre prestataire sans restriction
Si l'un de ces éléments manque, votre prestataire n'a pas fait un travail complet. Ce n'est pas forcément de la mauvaise foi. Certains prestataires ne savent simplement pas que ces étapes font partie du métier. Mais le résultat pour vous est le même.
Quand changer de prestataire
Changer de prestataire web, c'est une décision qui fait peur. On a l'impression de tout recommencer, de perdre ce qui a déjà été fait, de devoir réinvestir de l'argent. Mais dans certains cas, c'est la meilleure décision que vous puissiez prendre.
Il est temps de changer si :
- Votre prestataire ne répond plus, ou met des semaines à répondre à un simple email
- Chaque petite modification est facturée un prix disproportionné
- Vous n'avez pas accès à votre nom de domaine ou à votre hébergement
- Votre site a des problèmes récurrents (lenteur, bugs, indisponibilité) et ils ne sont pas résolus
- Votre site ne vous rapporte aucun contact après plusieurs mois en ligne (si c'est votre cas, lisez aussi notre guide mon site ne sert à rien)
- Vous avez demandé des améliorations plusieurs fois et rien ne change
Comment faire la transition sans tout perdre :
- Vérifiez d'abord que le nom de domaine est bien à votre nom. Si oui, vous pouvez le transférer chez un nouveau prestataire.
- Demandez une copie complète de votre site (fichiers et base de données). Si votre prestataire refuse, c'est un signal d'alarme grave.
- Sauvegardez tout ce que vous pouvez : textes, photos, coordonnées des comptes associés au site.
- Le nouveau prestataire pourra souvent migrer votre site existant ou le reconstruire à partir de vos contenus. Avant de signer, consultez notre comparatif WordPress ou sur mesure pour choisir la bonne technologie cette fois-ci.
La peur de la transition est souvent pire que la transition elle-même. Notre guide pour refaire son site web détaille justement comment réussir cette transition. Un bon nouveau prestataire vous guidera dans chaque étape et s'assurera que rien ne se perd en route.
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